
![]() Extrait du texte de la souscription de 1833 ![]() Lady Priscilla Burghersh, nièce de Wellington |
LES PREUVES AVANCÉES PAR LE BARON DE VEAUCE (suite et fin) Les dernières preuves avancées par le baron de Veauce concernent les documents qui suivent.
Preuve 9: Le masque avait été déposé auprès de Lord Burghersh jusqu'à la souscription de 1833 En 1971, à l'occasion du 150è anniversaire de la mort de l'Empereur, le baron de Veauce publia un second ouvrage, Les masques mortuaires de Napoléon - Le point de la question, dans lequel il compléta son étude de 1957. Il revint notamment sur le point de l'amitié supposée entre Antommarchi et Lord Burghersh en notant un extrait du texte de la souscription de 1833 qui disait: "le masque [original] était placé entre les mains d'un ami en terre étrangère" (voir son ouvrage p.39). Et le baron de conclure automatiquement qu'il s'agissait de Lord Burghersh, expliquant que ce texte était une "très importante indication" ! Comme source du texte, il donnait le livre de Frédéric Masson, Autour de Sainte-Hélène (1909), page 161 (il s'agit en fait de la page 153). Veauce concluait sur ce point en écrivant que "le ministre anglais... était de surcroît l'ami d'Antommarchi depuis 1818", et que Canova exécuta un buste de Napoléon en 1822. Dans cet article, nous avons déjà démontré que Canova n'avait pas réalisé de masque ou buste mortuaire de Napoléon en 1822: une telle oeuvre ne figure pas dans la liste de ses travaux. Et, si Canova avait vraiment réalisé le buste mortuaire, comment aurait-il été possible à Antommarchi d'en réclamer la paternité en 1833? Les oeuvres du grand maître qu'était Canova étaient répertoriés et enregistrées de façon précise ! Concernant sa source, Masson s'était, lui, appuyé sur la traduction du texte anglais de la conférence du docteur Graves, cousin du Dr Burton, en 1835 qui, lui, citait le texte de la souscription de 1833, traduite du français en anglais. Le propos de Graves n'était évidemment pas, lors de sa conférence, de donner des sources précises mais simplement de démontrer que l'auteur véritable du masque de Napoléon était son cousin, Burton, et non Antommarchi. Aussi les citations successives des uns et d'autres, et leur traduction dans un sens comme dans l'autre, ont fini par dévier le texte original de cette souscription, texte en français, qui disait plutôt: "Il déposa ce masque entre des mains amies, après l'avoir apporté en Europe, lorsqu'il partit pour l'étranger,..." En final, il semble que la vérité ait été la suivante: le masque mortuaire avait été laissé auprès de Madame Mère, exactement comme avaient été les instructions de Bertrand depuis mai 1821, confirmées par Antommarchi lors de son dîner parisien de septembre 1821. Le cardinal Fesch avait dû en avoir la garde, comme en témoigna son biographe, l'abbé Lyonnet, en écrivant qu'il avait la précieuse relique en dépôt et la conservait religieusement dans sa caisse (voir L'autre Sainte-Hélène, p.367). Lorsqu'Antommarchi mentionna dans le texte de la souscription qu'il partit pour l'étranger, c'était pour exprimer qu'il avait quitté son pays (l'Italie, la Toscane) pour se rendre à l'étranger, c'est-à-dire la France mais surtout la Pologne, lors de l'insurrection nationale contre l'occupation russe, avant de revenir ensuite à Paris. Preuve 10: Le masque Burghersh est l'original remis à Canova car un document l'authentifie Le baron de Veauce, en achetant le masque mortuaire, a reçu deux documents qui servirent à authentifier sa provenance. Ceci devrait être la preuve ultime mais que vaut-elle si les documents en question ont été rédigés près de 100 ans après les faits de 1821? Le baron obtint deux documents: l'un manuscrit daté de novembre 1907, et l'autre dactylographié non daté mais datant au moins de 1915. Le texte manuscrit contient quelques ratures, démontrant quelques hésitations ou corrections, et la date a elle-même subi une correction en passant de décembre à novembre 1907. Le texte dactylographié, lui, reprend exactement le texte manuscrit, sans les corrections, et ajoute des détails qui tendent à renforcer l'authenticité du masque: - titre: "le moule original" etc - apposition du nom de Priscilla Burghersh, c'est-à-dire Lady Burghersh, épouse du diplomate de Florence (elle mourut en 1879); ce nom est simplement dactylographié; le document ne comporte en fait aucune signature manuscrite - le texte indique que "les détails historiques complets concernant la façon dont ce masque a été fait sont contenus dans la revue Times Literary Supplement du 30 septembre 1915" Le baron de Veauce a aussi mené une enquête auprès de la famille Weigall au sujet de cette attestation. Après la vente de 1951, il s'est adressé à Rachel Weigall, soeur d'Archibald qui, lui, était mort entretemps, en 1952. La dame avait informé le baron de Veauce que le texte manuscrit était la reproduction intégrale d'un texte original qui avait été collé au socle du masque mortuaire: ce papier, selon elle, était devenu "presque illisible car trop vétuste", pour être conservé...! On constate donc que le document original, s'il a vraiment existé, a pu induire des erreurs de lecture du fait de sa quasi-illisibilité. Dans tous les cas, ces documents ne sont évidemment pas des preuves car rédigés bien après les faits, et le seul original aurait été perdu. Leur but semble plutôt avoir été de valoriser le masque mortuaire, peut-être en vue d'une vente publique. Si le masque avait appartenu à la branche Fane-Burghersh, il aurait pu être mis en vente dès 1904, alors que l'héritier, Anthony Fane, cherchait à résoudre ses problèmes financiers et dut même vendre la maison ancestrale cette année-là ! Mais il est plus probable que le masque ait appartenu à Lady Rose Weigall, fille ainée de Lady Burghersh, et qu'il resta ensuite dans la famille Weigall, jusqu'à son achat par le baron de Veauce en 1951. |
![]() L'attestation manuscrite ![]() L'attestation dactylographiée |